Notre région s’appelle le Pays d’Auge. Ben, croyez-moi, ce
qu’on a vu aujourd’hui, c’est Touttte en Nauge. On regarde la carte avant de
partir pis on se fait un itinéraire. Il y a des petites routes avec les lignes
vertes à côté: dans le langage des cartes Michelin, ça veut dire que c’est une
jolie route. Tiens, on va prendre ça pour explorer!
Ben…
«Tourne ici… C’est-tu la D45? Non? Ben tourne là d’abord.
Faudrait trouver la route pour Manerbe. Ouais mais là c’est la route pour
Conquainvilliers. Encore? Messemble qu’on l’a vue tantôt cette route-là? Oui,
en sortant de Ouilly-le-Vicomte. Non, pas en direction de Fauguenon, c’est le
contraire. La Roque-Baignard, c’est-tu bon? Oui, ça c’est bon. Ouais, direction
Le Torquesne ça pourrait aller pour un bout. Si tu vois Breuil-en-Auge, c’est
bon. Le Pré-d’Auge aussi. Attends, là y’a Cambremer d’annoncé. C’est bon ça!
Ouf. Bon, mettons qu’on parquerait le char?...»
Tout ça, c’est du viraillage en rond de première classe, à
quelques kilomètres à peine de notre lieu de départ. Soit que c’est les cartes
qui sont mal foutues, soit que c’est les indications. Je vote pour les deux.
Comme si les deux ne se parlaient pas.
Les routes sont magnifiques, peuplées d’arbres qui forment
des tunnels. On croise des minuscules villages – sans doute des bourgs – et de
jolis paysages. On croise des champs de foin et des vaches. On voit des
pommiers.
À Cambremer, on a fini par aller voir une petite exposition
de céramique et de papier mâché alors qu’on se cherchait une table de
piquenique à l’ombre. Comme quoi l’art peut aussi nourrir.
À côté, à St-Pair du Mont, on a trouvé à visiter un producteur de cidre. Le problème, c’est qu’on est arrivé là par
le chemin du tracteur! On cherchait vraiment à aller chez ce producteur-là,
recommandé chaudement par Didier. Et c’est le chemin que Google a décidé de
nous faire prendre. Y’est con, Google Maps, des fois: il prend toujours le
chemin le plus court, même s’il n’est pas toujours praticable. Alors, la face
de Nicole quand elle nous a vues arriver sur son terrain par en arrière.
«Euh? Je cherche l’exploitation de Nicole et Luc Bignon…» On
est reparties de là avec un cidre, du pommeau et du calvados. Ça valait la peine
qu’elle retarde son repas pour nous!
À Crèvecœur-en-Auge, on a trouvé un spot à l’ombre dans
le stationnement du château médiéval pour manger dans le char. On est
habituées. Et on fait très bien ça. Parfois même en roulant.
Après, visite du château.
C’est weird de penser que ce château (comme la maison de Nicole et Luc) était
construit avant même que la Nouvelle-France ait été découverte et un tantinet
peuplée. La chaleur ne nous a (presque) pas empêchées de faire des gnaiseries.
C’est ben parce qu’il faisait chaud qu’on a décidé de ne porter que les
chapeaux…
À Beuvron-en-Auge, on a erré dans le minuscule
village. Absolument charmant. Des maisons en colombage, avec des plaques d’ardoise
bleue, une madame qui veut nous vendre le contenu de tout son magasin alors qu’on
ne cherche qu’un cossin (Stéphanie en ressortira avec un ouvre-bouteille et moi
avec quelques cartes postales et un dessert normand).
Faque touttte ce qu’on a vu aujourd’hui, c’était en Auge.
Et puis, concept… On a fini la journée touttte en nâââge! Rapport
que 40, pour visiter, c’est un peu toffe. Une chance qu’y’a la clim dans le
char!


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